Des discussions bilatérales ont depuis été activées entre éditeurs nationaux et régionaux pour étudier les conditions opérationnelles d’un tel dispositif. De nouvelles collaborations ont vu le jour, d’autres ont été étendues. Ainsi Ouest France donne progressivement accès à toute sa zone de portage, dans un premier temps pour Le Monde, mais porte également la plus grande partie des quotidiens nationaux sur Le Mans. La Dépêche du Midi étend sa zone de portage PQN à l’ensemble de la région Midi-Pyrénées. Midi Libre fait de même sur le Languedoc-Roussillon. Sud Ouest vient de démarrer le portage du Monde en Gironde, La Voix du Nord s’apprête à faire de même dans le Nord-Pas-de-Calais et La Provence à Marseille. Les titres de PQR travaillent à une extension de l’offre pour Le Monde, Le Figaro, La Croix et Les Echos en 2010 sur le pourtour méditerranéen, la région Rhône-Alpes, l’Alsace, le Nord et l’Aquitaine. Cette liste n’est pas exhaustive.

Désormais, ce sont chaque jour 50.000 exemplaires de quotidiens nationaux qui sont portés par la PQR dans les principales grandes villes et leurs agglomérations (Paris, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Tours, Rennes), dans et tout autour des villes de taille moyenne (Mulhouse, Le Mans, Pau, Perpignan, Nîmes, Poitiers, …) et jusque dans les territoires ruraux ou semi-ruraux (Midi, Languedoc, Bretagne, Loire-Atlantique, Centre). Au total, ce sont quelques 11 millions d’exemplaires de PQN que les réseaux de la PQR ont portés en 2009 et ces volumes seront appelés à progresser sensiblement en 2010, à la faveur des travaux de préparation au démarrage engagés en 2009.

L’augmentation de l’aide directe au portage sur une période de 3 ans (de 8,25 millions à 70 millions € annuels), décidée par le Président de la République au sortir des Etats Généraux de la Presse, couplée à l’exonération de cotisations patronales dues pour les porteurs de presse et les vendeurs colporteurs de presse (VCP), a donc permis aux éditeurs de presse quotidienne d’accélérer la croissance de ce canal de diffusion plébiscité par leurs lecteurs. Avant ces actions de développement, le portage représentait déjà 900 millions d’exemplaires par an, soit la moitié de tous les exemplaires de presse que distribue la Poste, qui pour ce faire perçoit annuellement 250 millions € d’aides de l’Etat et affiche pourtant 450 millions € de pertes. Grâce à ce rééquilibrage en leur faveur des aides à la distribution, les quotidiens français retrouvent un peu de compétitivité et réinvestissent dans leur diffusion.

Cette croissance devrait s’amplifier en 2010 sous l’effet des initiatives conduites en 2009. Car ces mesures autorisent désormais plus d’audace et créent une dynamique vertueuse sur le moyen terme pour la PQR : rationnaliser les tournées de portage, les étendre à des zones moins densément peuplées, accélérer les transferts d’abonnement postaux, densifier la prospection, fidéliser les porteurs de presse et VCP, amortir les coûts de distribution, ce sont là tous les bénéfices qu’ont tiré les structures de portage PQR de ces aides de l’Etat.

L’aide directe au portage constitue surtout un pari sur l’avenir pour les entreprises de portage PQR, ses effets ne se concrétisant pas nécessairement immédiatement. Elle permet en effet à celles-ci de se donner les moyens économiques de rendre le portage accessible à des zones moins denses. Il convient en effet de rappeler qu’en France, un obstacle structurel majeur freine le développement du portage sur l’ensemble de son territoire : une densité démographique parmi les plus faibles d’Europe (112 hab./km2 vs 395 hab./km2 aux Pays-Bas, 247 hab./km2 au Royaume-Uni ou 231 hab./km2 en Allemagne, par exemple) et donc des coûts de distribution très élevés.

Au final, la progression de l’abonnement par portage devrait être supérieure à 2% en 2009 pour les seuls quotidiens régionaux. Mais les bénéfices de l’aide au portage devraient être plus spectaculaires en 2010 et 2011. Les entreprises de PQR et de PQN n’ont effectivement pu que partiellement anticiper l’opportunité offerte par l’aide de l’Etat puisque celle-ci n’a été annoncée qu’en janvier 2009, confirmée et précisée en mai et versée aux entreprises qu’au dernier trimestre 2009. Son effet incitatif jouera donc pleinement son rôle en 2010, et plus encore en 2011.